30
ans
Avant
Présentation du projet
du Centre de défense des droits humains « Memorial »
Questionner le passé, le présent et l’avenir de la Russie, par des conférences, discussions et débats, et via une expression artistique.
Dates
Adresse
27-28 avril 2024
La Gaîté Lyrique, 3bis rue Papin, 75003 Paris
Co-organisateur
Exposition anti-guerre à « Memorial-France »
Dates
Adresse
26-28 avril 2024
Mémorial-France, 23 Rue Greneta, 75002 Paris
Artistes
Andreï Kouzkine, Alissa Yoffe, Ivan Lounguine
Auteurs Photo: Alexander Nemenov
30 ans Avant
En septembre 2023, le Centre de défense des droits humains " Memorial " a lancé le projet " 30 Ans Avant ". En collaboration avec des médias indépendants, des défenseurs des droits humains, des experts et des représentants de la société civile, nous essayons de comprendre pourquoi le régime actuel en Russie a été possible.
Six mois après son lancement, ce projet sera présenté à Paris les 27 et 28 avril 2024. Nous partagerons non seulement les premiers résultats de son travail, mais continuerons également à soulever les questions qui nous semblent importantes sur la Russie post-soviétique, sous la forme de rencontres, discussions et tables rondes. Des intervenants de Russie, d’Ukraine et de France débattront sur les thèmes de la guerre, de la répression, des minorités, des droits humains et de la justice transitionnelle.
Interprétariat simultané russe↔français.
L’art pouvant également nous aider à répondre à ces questions, les participants à l'événement pourront voir une lecture théâtralisée de la pièce de Yulia Vishnevets "Attendre est plus difficile que d’enterrer", ainsi que le film documentaire " Les fixeurs de guerre: les invisibles du reportage ", des réalisateurs Robin Grassi et Arnaud Froger, de l’ONG " Reporters Sans Frontières ".
Par ailleurs, un autre site accueillera une exposition anti-guerre rassemblant les œuvres des artistes russes Andreï Kouzkine, Alissa Yoffe et Ivan Lounguine: Mémorial-France, 23 Rue Greneta, 75 002 Paris.
L’événement sera retransmis en direct sur la chaîne YouTube du Centre de défense des droits humains « Memorial ».
Programme
28 AVRIL
27 AVRIL
15h00 — 15h20
Discours d’ouverture
François Croquette / ancien ambassadeur pour les droits humains, membre de Mémorial-France, directeur de la transition écologique et du climat à la Ville de Paris
Tatiana Kasatkina / épouse d’Oleg Orlov, l’un des fondateurs du CDDH « Memorial », actuellement prisonnier politique
15h20–15h30
Présentation du projet multimédia « 30 ans Avant »
Anastasia Garina / défenseure des droits humains / CDDH « Memorial »
15h30 — 17h00
Table ronde « Guerre »
En envahissant l’Ukraine le 24 février 2022, la Russie a déclenché la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela a été précédé d’une série de conflits armés impliquant la Russie. La guerre et l’armée se sont révélées être les principales " harpons " qui ont replongé la Russie dans le passé. En 1999, la guerre en Tchétchénie avait servi de tremplin à Poutine pour accéder à la présidence. Ces dix dernières années, la guerre en Ukraine a été le principal outil permettant d’assurer l’inamovibilité du pouvoir en Russie. À partir des exemples de la Tchétchénie, des Balkans, de la Syrie, de l’Ukraine et de l’Afrique, des experts discuteront des différents épisodes des interventions militaires de Moscou, ouvertes ou non (" guerres hybrides "), ainsi que des mécanismes d’héritage des pratiques criminelles qui se transmettent d’un conflit à l’autre.
Participants :
Alexandre Tcherkassov / défenseur des droits humains / CDDH « Memorial »
Une chaîne de guerres, une chaîne de crimes, une chaîne d’impunité
Denys Volokha / Groupe de défense des droits humains de Kharkiv
Mission impossible : dénombrer tous les crimes commis par la Russie en Ukraine
Ousmane Ndiaye / journaliste / TV5Monde Thème à venir
Laurent Geslin / journaliste / Le Courrier des Balkans
Guerre en Ukraine, les Balkans un « second front » ?
Modératrice:
Sacha Koulaeva / défenseure des droits humains / enseignante Sciences Po
17h00 — 17h15
Pause
Auteurs Photo: Dmitry Belyakov
Auteurs Photo: Dmitry Belyakov
17h15 — 18h45
Table ronde « Services secrets et appareil répressif en Russie, tentatives de contrôle citoyen »
Dans la Russie post-soviétique, les services de renseignement, les forces de l’ordre et le système pénitentiaire ont connu un certain nombre de réorganisations, essentiellement formelles et structurelles. Mais, comme on le voit, leur essence n'a pas changé et les services de sécurité sont redevenus un instrument de contrôle du pouvoir sur les processus sociaux et politiques. En termes d'ampleur de la répression, la Russie a dépassé ces deux dernières années les indicateurs soviétiques des années 1960-1980 et se dirige résolument vers un « retour vers le futur ». Les participants à la table ronde se demanderont comment 
et pourquoi il n'a pas été possible de se débarrasser de cet héritage soviétique, comment les organes de répression se sont transformés après la fin de l’URSS et évoqueront les tentatives de contrôle citoyen de ces organes pendant cette période.
Participants :
Nikita Petrov / historien, défenseur des droits humains
Le processus de lustration. Les services secrets à travers le prisme de l'époque soviétique. L’accès aux archives.
Anna Karetnikova / défenseure des droits humains
Contrôle des lieux de privation de liberté, prisons, psychiatrie punitive, travail de la commission d’observation dans les lieux de détention.
Sergueï Babinets / défenseur des droits humains, juriste / ONG « L’équipe contre la torture »
Évolution de la brutalité de la militsia (police soviétique) à la politsia (police russe contemporaine)
Modératrice :
Veronika Dorman / journaliste et documentaliste / Libération
18h45 — 19h00
Pause
Auteurs Photo: Dmitry Borko
Auteurs Photo: Dmitry Belyakov
Gilles Favarel-Garrigues / politologue, chercheur au CNRS (Sciences Po-CERI)
Contributions citoyennes à la surveillance et au maintien de l'ordre en Russie
19h30 — 21h00
Lecture théâtralisée de la pièce de Yulia Vishnevets « Attendre est plus difficile que d'enterrer »
Dès le milieu de l’année 2022, la société militaire privée " Wagner " a formé des unités militaires composées de prisonniers libérés des colonies pénitentiaires russes et envoyés en masse combattre en Ukraine dans les zones les plus violentes. En échange, ces hommes se sont vus proposer de bons salaires, une libération anticipée et une grâce, mais seule une petite partie de ces prisonniers sont rentrés chez eux en vie. La pièce de théâtre documentaire " Attendre est plus difficile que d'enterrer " se base sur des conversations entre des femmes russes qui attendent ces hommes, d’abord en prison, puis de la guerre.
La base documentaire de la pièce est constituée d'échanges sur un forum de discussion en ligne dans lequel les épouses, sœurs et mères de mercenaires russes échangent sur leurs expériences et sur ce qu’elles traversent. Le texte est construit à partir d’une polyphonie de propos anonymes, dans le chaos de laquelle on observe l'évolution d’un personnage féminin collectif, de la prison à la guerre puis à la rébellion, de l’espoir au désespoir puis à la réflexion, selon les lois classiques de la dramaturgie.

La lecture est en russe sous-titrée en français.
Metteuse en scène :
Auteurs Photo: Unsplash
Avec :
Yulia Vishnevets
Nadejda Koutepova, Anna Lebedeva, Maria Tchouprinskaïa, Irina Verbitskaïa, Irina Zamoula
Présentation des recueils de pièces de théâtre de " Lioubimovka ". Elena Gordienko, chercheuse en études théâtrales, présentera deux recueils de pièces: " Lioubimovka 2022: l'écho de l'écho. Théâtre russophone en temps de guerre ", publié en français chez Sampizdat éditions, et " Cinq pièces sur la guerre ", publié en russe chez Freedom Letters. La pièce " Attendre est plus difficile que d’enterrer " fait partie du dernier recueil.
Cheffe décoratrice :
Aglaïa Chouljenko
14h00 — 15h30
Table ronde « Migrants et autres groupes vulnérables »
L’humanisme, la non-violence et l’absence de haine étaient des principes essentiels pour ceux qui, semblait-il, avaient gagné en 1991. Mais dans les années qui ont suivi, il n’a pas été possible de lutter contre la haine, la violence et la déshumanisation, en conséquence de quoi des composantes de " l’identité négative " russe telles que la xénophobie et la discrimination à l'égard des réfugiés, des minorités ethniques et autres sont devenues le " point d’assemblage " le plus important de la Russie de Poutine. Le résultat est triste: en 2023, le pays a battu un anti-record, avec un nombre qui n’avait jamais été aussi faible de statuts de réfugié accordés; la situation des droits des minorités n’est pas meilleure. Les participants à la table ronde aborderont différents aspects de ces processus: la Russie en tant que " pays refuge ", la discrimination ethnique, et la situation des habitants de Tchétchénie et d’Ukraine.
Participants:
Svetlana Gannouchkina / défenseure des droits humains / Assistance civique, ONG
La fédération de Russie en tant que pays d’asile
Stefania Kulaeva / défenseure des droits humains / Centre anti-discimination « Memorial »
Une expérience dans la protection des droits des minorités et des migrants: 30 ans de lutte contre le racisme
Maïrbek Vatchagaev / historien, auteur et chercheur
Problèmes et réussites de l'intégration des Tchétchènes dans les pays occidentaux
Modératrice:
Anne Le Huérou / sociologue / maîtresse de conférence à l’Université Paris Nanterre
15h30 — 15h45
Pause
Auteurs Photo: Natalia Estemirova
Auteurs photo: archives du CDDH « Memorial »
15h45 — 16h30
Projection du film documentaire 
«Les fixeurs de guerre: les invisibles du reportage » .
En Ukraine, les journalistes étrangers travaillent rarement seuls. Derrière les enquêtes sur les crimes de guerre, les photos chocs des atrocités, les vidéos des ravages causés par deux ans de conflit, il y a des centaines de fixeurs et fixeuses ukrainiens. Le film vous entraîne à la découverte de leur métier: "fixeur de guerre", l’un des plus dangereux au monde. Alors que le conflit s’enlise, les combats n’ont pas cessé, et ces petites mains de l’information continuent à se déployer en première ligne pour aider médias et journalistes à travailler et éviter de faire de cette guerre, une guerre oubliée. RSF a suivi le quotidien de plusieurs d’entre eux. Confrontés à des risques sécuritaires et psychologiques importants, ils témoignent de leur expérience au service du journalisme
Сo-réalisateurs:
Auteurs photo: archives du « Reporters sans Frontières »
Robin Grassi et Arnaud Froger de chez Reporters Sans Frontières.
Le film sera présenté par
Jeanne Cavelier de l’ONG
« Reporters sans Frontières »
Après la projection, la session de Q&A avec le public
16h30 — 18h00
Discussion « Travail des journalistes russes et internationaux en temps de guerre et de dictature »
Depuis plus de vingt ans, bien avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, les médias et les journalistes indépendants russes ont été accusés de pratiquer un " journalisme militant ", par opposition à un journalisme " impartial ". Cela a été reproché entre autres à Anna Politkovskaïa. Aujourd’hui, avec la guerre en Ukraine et la dictature en Russie, cette question est devenue encore plus centrale. Est-il possible de rester " au-dessus de la mêlée " en couvrant la guerre? Surtout lorsqu’on est citoyen de l’un des pays en guerre? Et cette appartenance est-elle si inexorable? Un journaliste doit-il rester " neutre " et ne jamais prendre parti dans ses publications? Que peut-il faire lorsque les informations qu’il publie sont utilisées par la propagande russe? Comment concilier les règles journalistiques et le désir de ne pas nuire aux " bonnes personnes " en publiant? Quel rapport le journalisme peut-il entretenir avec la défense des droits humains et le travail humanitaire? Toutes ces questions seront abordées par des journalistes de médias indépendants.
Participants :
Margarita Loguinova / journaliste / Viorstka
Natalia Kildiyarova / journaliste
Alexeï Ponomarev / journaliste / Kholod podcast
Modératrice:
Jeanne Cavelier / Reporters sans frontières, responsable du bureau Europe de l'Est et Asie Centrale
18h00 — 18h15
Pause
Auteurs Photo: Natalia Estemirova
Auteurs photo: archives du CDDH « Memorial »
Elena Volochine / reporter
Paul Gogo / journaliste, auteur
18h30 — 20h00
Débat « 100 jours après Poutine »
Sur la base du projet de mesures de justice transitionnelle du même nom " 100 jours après Poutine ", les participants débattront du " passé difficile " et de l’avenir dans lequel il faudra faire quelque chose de ce passé. Les participants, ayant des visions du monde et des opinions politiques différentes, discuteront des perspectives de démocratisation future et des contours du nouveau système politique et juridique de la Russie.
Participants :
Iekaterina Schulmann / politologue, docteur en sciences politiques, enseignante
Grigory Vaïpan / avocat en droits de l'homme / docteur de droit international
Mikhail Lobanov / candidat à la Douma d’État en 2021, militant syndical, docteur en sciences et mathématicien TBC
Modératrice:
Natalie Nougayrède / journaliste
Auteurs Photo: Dmitry Belyakov
Auteurs Photo: Dmitry Belyakov
18h15 — 18h30
Présentation du projet juridique « 100 jours après Poutine »
Grigory Vaïpan / avocat en droits de l'homme / docteur de droit international
Participants :
Exposition anti-guerre
des artistes russes
Andreï Kouzkine
Alissa Yoffe
Ivan Lounguine
Vernissage le vendredi
26 avril à 18h
L’exposition sera ouverte :
Le 26 avril de 18 à 22h
Le 27 avril de 12 à 22h
Le 28 avril de 12 à 20h
Un autre lieu, " Mémorial-France ", accueillera une exposition anti-guerre des artistes russes Andreï Kouzkine, Alissa Yoffe et Ivan Lounguine du 26 au 28 avril 2024. Ces trois artistes vivent depuis deux ans dans le delirium d’une nouvelle réalité, où leur art devient un désir sublimé d’une fin rapide de la guerre. Chaque jour, Andreï Kouzkine écrit dans différentes langues l’incantation-mantra " Je veux que la guerre se termine " (projet " Le temps de guerre "), qui se propage de feuille en feuille, remplissant progressivement la réalité et occupant tout l’espace environnant. Ivan Lounguine collecte des éclats et des fragments de culture matérielle qui, sous l’influence du contexte et des particularités de la perception humaine, se transforment en une synecdoque de la guerre. Alissa Yoffe documente l'époque dans des carnets numériques, puis réassemble des " situations " et transfère les images sur de grandes surfaces, revivant ainsi encore et encore les événements capturés.
Entrée à l’exposition libre et gratuite.
Mémorial-France, 
23 Rue Greneta, 
75002 Paris
Adresse :
Diffusion sur YouTube
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3bis Rue Papin, 75003 Paris, France
partenaires
de l'événement
30
ans
Avant
Présentation du projet
du Centre de défense des droits humains « Memorial »
Dates
26-28 avril 2024
Lieu
Paris, France
Co-organisateur